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Ariane 6, le futur lanceur européen

La compétitivité européenne et mondiale incarnée par Ariane 6

Le projet Ariane 6 a été pensé depuis un bon moment déjà, depuis 2014 pour être exact. Il a connu de nombreux reports, passant d’un premier lancement prévu en 2020, à fin 2023. À ce stade, le projet est déjà bien avancé mais il reste encore le moment le plus attendu, son lancement. Quels sont les objectifs finaux ? Comment la nouvelle génération est-elle censée dépasser la fusée légendaire Ariane 5 ? Ariane 6, déjà positionnée comme le futur des lanceurs spatiaux européens, saura-t-elle répondre aux enjeux internationaux et être à la hauteur des espoirs placés en elle ?




Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre


« L’architecture générale d'Ariane 6 est proche d'Ariane 5 mais que tout le reste est différent ! ». Tels sont les mots de Jean-Marc Astorg (directeur des lanceurs du CNES pendant des années et aujourd’hui Directeur de la Stratégie) dans son interview pour Futura-sciences. Bien que les bases soient les mêmes pour Ariane 5 et pour Ariane 6, voici un petit comparatif des deux lanceurs :



La hiérarchie du projet s’est principalement organisée autour de trois acteurs : l’Agence Spatiale Européenne, maître d’œuvre et instigatrice du programme, elle coordonne les ressources de chacun des acteurs et assure la bonne collaboration. Le Centre National d’Études Spatiales s’est, lui, occupé des infrastructures et du pas de tir. Enfin, Ariane Group, avec ses partenaires industriels, produit et assemble le lanceur.


Les avantages de ce lanceur sont tout d’abord sa modularité. L’assemblage de la charge utile sur le pas de tir permet de transporter séparément les différents composants ce qui est plus économe que de déplacer un lanceur déjà prêt, plus lourd et plus volumineux. Selon les objectifs de missions, la disposition des charges utiles peut être optimisée.


La deuxième caractéristique importante dont le lanceur a été doté est sa polyvalence : comme pour Ariane 5, deux modèles différents sont créés. A64 (quatre boosters) et A62 (deux boosters). Ils permettent d’atteindre tous les types d’orbites (basse, haute, héliosynchrone et géosynchrone). Enfin, le lanceur sera fiable. En effet, les moyens techniques et technologiques employés précédemment ont été fiabilisées par Ariane 5.


L'objectif était d'obtenir un lanceur qui permette à l’Europe de conserver son expertise et son titre de n°1 des lanceurs tout en rendant le secteur des lanceurs spatiaux d’autant plus compétitif et ce, le plus rapidement possible (ainsi qu’à moindre coût).

Si la qualité du lanceur Ariane 6 est confortée par les bases d’ariane 5 et l’organisation impeccable entre les acteurs, vient la question de la rapidité de conception et de la mise en service.


Rome ne s’est pas faite en un jour, Ariane 6 non plus…


Abordons à présent la question de ces reports successifs. Passer d’un lancement prévu pour 2020 à un vol inaugural potentiel à la fin de 2023, Ariane 6 a connu bon nombre de problèmes. En effet, le développement d’une fusée comme celle-ci nécessite de passer par de nombreuses étapes telles que les tests moteurs, la construction ou l’adaptation du pas de tir, la création des lanceurs tests, des usines de production, l’assemblage des étages entre autres.

Initialement, le projet prévoyait environ six ans pour la conception d’Ariane 6. L’ambition d’Arianespace, malgré ces contres temps, reste tout de même flagrante lorsque l’on sait qu’il a fallu une vingtaine d’années à Ariane 5 pour être complètement développée et prête à l’emploi.


Les principales difficultés rencontrées sont tout d’abord liées au développement des deux moteurs cryogéniques Vulcain 2.1 et Vinci ainsi qu’à leurs phases de test qui se sont éternisées. De plus, la pandémie de COVID-19 n’a rien arrangé en retardant les tests de qualification ainsi que les essais de mise à feu de l’étage supérieur. Tout cela mis bout à bout, il est clair que l’élaboration du lanceur a pris un retard considérable par rapport aux plans initiaux de l’entreprise.

Sous réserve qu’il n’y ait pas de nouveaux imprévus, le vol inaugural est programmé pour le dernier trimestre de 2023. Ces reports ont eu et ont encore de nombreux impacts sur les relations internationales et les projets en cours ou futur.


Les grands enjeux européens et internationaux


À l’international, les principales préoccupations sont de réduire les coûts de production. Objectif respecté pour Ariane 6 car les coûts globaux seront 40 à 50 % plus bas que pour Ariane 5. À noter que les coûts d’exploitation ont été, eux aussi, diminués de manière importante.

L’infographie ci-dessous montre comment Ariane group s’adapte mieux en relevant les défis économiques et environnementaux auxquels est confronté la construction d’un lanceur au XXIème siècle.



La guerre russo-ukrainienne n’a, elle, pas posé de problème direct pour la construction et le montage du lanceur car aucun des composants n’est fourni par un de ces deux pays. Pour autant, les rapports spatiaux sont fortement impactés, que ce soit via les collaborateurs du CSG (Centre Spatial Guyanais), ou via les parties de fusées fournies par la Russie par exemple : les moteurs de Falcon 9 et un des étages de Vega.


Comme mentionné plus haut, les nombreux reports ont mené à des changements de lanceurs pour certains projets qui ne pouvaient pas attendre comme Exomars. On peut aussi mentionner que n’ayant plus accès au lanceur Soyouz, il est primordial pour l’Europe d’avoir un lanceur opérationnel et efficace d’ici peu pour garder l’accès à l’espace malgré les changements géopolitiques. On mesure donc bien ici la pression qui règne autour de la réussite du projet d’Ariane 6 aussi bien au niveau géopolitique que technologique.


Sources :

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