Elon Musk VS Jeff Bezos, la course à la conquête spatiale

Depuis le début des années 2000, certains milliardaires, propriétaires de multinationales, se sont lancés dans l’industrie spatiale. On citera ici Jeff Bezos avec son programme spatial Blue Origin, ou encore Elon Musk, créateur de l’entreprise astronautique et spatiale SpaceX. Ils ont chacun leur propre vision de la conquête spatiale et n’hésitent pas à y investir de grandes sommes d’argent. L’une de leurs priorités est de permettre, dans un futur proche, la colonisation de l’espace. Une véritable course s'est lancée entre les deux milliardaires. Mais qui a pris le plus d’avance dans cette course à la conquête spatiale ? Comparons leurs projets afin de nous en rendre compte, en confrontant différents critères.


Critère 1 : Le concept du projet

Les deux milliardaires ne se lancent pas dans l’espace sans une idée derrière la tête, il ne suffit pas d’investir des millions au hasard pour conquérir des galaxies. La colonisation de l’espace part d’un concept précis.

Mars, dont nous avons tous déjà entendu parler, est le point de départ de cet objectif de conquête. Les films, les livres, les histoires d’extra-terrestres ont nourri notre curiosité pour cette planète. Cette tendance s’est intensifiée ces dernières années avec le projet de “colonisation de la planète rouge” d’Elon Musk. L’autoproclamé “Techno King” de Tesla rêve d’un futur où les humains vivraient sur Mars. Il va encore plus loin en proclamant que l’humanité prospèrera en conquérant de nouvelles planètes à travers l’Univers. C'est un concept très “colonial” que présente Elon Musk, cela résoudrait tous nos problèmes dus aux limites de la Terre. Mais peut-on vraiment se permettre de s’accaparer des planètes ? Cela ne va-t-il pas à l’encontre du Traité de l’espace de l’ONU ?


Elon Musk et son projet de colonisation martienne


Avant de réfléchir et de débattre de tout ceci, regardons un peu du coté de Jeff Bezos. Il a délégué les rennes de son entreprise pour se concentrer totalement dans sa société spatial Blue Origin et la réalisation de son projet d’exploration de l’espace. Sa vision va dans le sens du physicien O’Neill. Ce qui n’est pas si étonnant compte tenu du fait que Bezos était son élève à Princeton. Revenons à l’essentiel. Avant les années 2000, O’Neill et ses étudiants ont voulu prévoir la prochaine phase après les premiers pas sur La Lune en 1969. Ils ont imaginé des cités dans l’espace, pourquoi terraformer et coloniser des planètes quand on peut construire de gigantesques structures cylindriques ou sphériques et y vivre. On pourrait alors vagabonder dans l’Univers tout en restant dans son canapé.


Cylindre de O’Neill


Mais a-t-on vraiment suffisamment de ressources pour construire et alimenter ces mégastructures sachant que le jour du dépassement de la Terre se rapproche chaque année. Et même si l’on a ces ressources il reste la problématique du transport : ramener des tonnes de matériaux à l’autre bout de la galaxie. Comme le dit Elon Musk “It would be like trying to build the USA in the middle of the Atlantic Ocean”, en français : “Ce serait comme essayer de construire les USA en plein milieu de l’Océan Atlantique”.

Une petite pique de la part de son concurrent pour pimenter cette course. Mais qu’en est-il de la faisabilité et du réalisme de leurs projets ?


Critère 2 : complexité et faisabilité de leurs projets


Pourquoi ne pas commencer en reprenant la forme de comparaison de Musk : construire des mégastructures spatiales c’est un peu comme bâtir une ville en plein milieu d’un océan. De ce fait on peut soulever deux problèmes majeurs dans le plan de Bezos : premièrement l’acheminement des matières premières jusqu’au site de construction, et deuxièmement la méthode pour construire dans ce qui est littéralement du “vide” (nous n’allons pas rentrer dans les détails de la composition de l’espace). On pourrait penser à des solutions comme bâtir ces villes spatiales autour d’une station préalablement construite sur Terre (un peu comme l’ISS). Mais ce n’est pas efficace à long terme, en effet plus on s’éloignera de la planète “mère” qui pour l’instant est la Terre, plus il sera difficile de lancer des projets de construction.


Mais après tout, on ne sait ce qui peut arriver dans le futur, comme le dit Bezos lui-même “[a]u fil des siècles, de nombreuses personnes naitront dans l’espace, ce sera leur première maison”, pour lui la Terre ne sera plus qu’une simple destination pour les vacances. Donc la distance avec la terre ne représente pas vraiment un problème, selon lui.


Maintenant si on allait voir ce qui ne pourrait pas fonctionner du côté de son rival, Elon Musk. Son projet est osé, visionnaire, tentant, après tout qui n’a pas déjà rêvé de vivre sur une autre planète ? Mais sommes-nous vraiment capables de coloniser une planète aussi aride et invivable que Mars ? La première question qui nous vient dans la réalisation de ce projet est : peut-on s’adapter à une planète où la vie n’est pas/plus présente ?


Deux principales solutions s’offrent à nous, et à SpaceX. La première serait de construire des dômes de survie en forme de “bulles”. Pour expliquer un peu cette idée on peut prendre l’exemple du jeu vidéo : Surviving Mars. Ces grosses bulles permettent de se protéger du “cocktail toxique” martien (composé d’un élément chimique qui élimine les micro-organismes sous l’effet des rayon UV). Et ils peuvent être alimenté par des générateurs d’électricité, de producteurs d’eau et d’oxygène (récupérés dans l’atmosphère) et tout cela construit par des robots équipés d’imprimantes 3D. Tout ce que vous auriez à faire serait de vous poser dans les appartements et les services proposés dans le dôme. Séduisant pour ceux qui préfèrent une vie sédentaire, mais beaucoup moins pour ceux qui ont le goût du voyage et de l’exploration.

Image du jeu Surviving Mars


La deuxième est plus radicale. Si l’on ne peut pas s’adapter à l’environnement martien alors c’est l’environnement martien qui s’adaptera à nous. En d’autres termes : la terraformation. La terraformation consiste


en la transformation d’une planète hostile en planète totalement habitable (qui peut supporter la vie). Pour une planète comme Mars il est possible de créer un champ magnétique artificiel à l’aide de particules chargées… Une autre idée, provenant d’Elon Musk lui-même et un peu plus originale, est d’envoyer des missiles nucléaires sur Mars pour réchauffer sa surface et ainsi recréer les mêmes conditions climatiques que l’on a sur Terre. Impressionnant non ?


Critère 3 : Réalisations actuelles et projets


Aujourd’hui, Blue Origin avance de plus en plus vite. En effet, leur troisième vol habité dans l’espace emportant 6 personnes a réalisé un court aller-retour de quelques minutes le 11 décembre dernier en hommage à Alan Shepard, premier américain à être allé dans l’espace en 1961. Enchaînant les succès, Blue Origin progresse de plus en plus rapidement dans la course au tourisme spatial. Elle projetterait même, dans un futur plus ou moins éloigné, de créer sa propre station spatiale, affaire à suivre…


Fusée de Blue Origin et sa forme peu conventionnelle


Mais là où l’entreprise de Jeff Bezos ne fait « que » de simples et brefs aller-retours dans l’espace malgré de grands projets, celle d’Elon Musk a déjà envoyé 4 « touristes spatiaux » en orbite pendant 3 jours, a collaboré avec la NASA et l’ESA dans le cadre de l’envoi et le rapatriement d’astronautes vers l’ISS. Mais le joyau de la couronne de celui qui a été désigné « personnalité de l’année » par le Time est bien sûr son projet d’expédition sur la lune prévue pour 2025.


Détachement de l’ISS de la capsule Crew Dragon de SpaceX


Il semblerait donc que SpaceX soit indéniablement largement en avance sur Blue Origin, pour le moment…


Equipage de la capsule Crew Dragon



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