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L’appontage. Prouesse technique symbole de puissance navale


L’appontage consiste à poser en toute sécurité un avion sur la piste d’un porte-avions. À ce jour, seules quelques armées dans le monde détiennent la technologie et les compétences primordiales pour faire atterrir un appareil sur une plateforme instable et en mouvement. La Marine française fait partie de ce cercle restreint.


Le pont du porte-avions « Charles de Gaulle ». La piste est en oblique par rapport à l'alignement du navire. (Photo Marine nationale)

Les avions de chasse embarqués possèdent une crosse fixée sous la partie arrière du fuselage, qui est utilisée par le pilote pour accrocher l’un des trois câbles tendus en travers du pont d’envol, les brins d’arrêt. Le porte-avions est équipé de 3 brins d’arrêt afin d’augmenter la probabilité que le pilote réussisse à en accrocher un.


Rafale Marine appontant sur la piste du porte-avions « Charles de Gaulle ». (Photo Marine nationale)

Crosse d'appontage près d'accrocher l'un des brins d'arrêt du porte-avions à propulsion nucléaire « USS Dwight D. Eisenhower ». (Photo United States Navy)

Freiner sur une courte distance, mais en douceur

Cette technique a pour objectif d'arrêter sur une très courte distance un appareil dont la vitesse d'approche est d'environ 145 nœuds, soit 268 km/h. Afin que l’avion freine progressivement, tous les brins d’arrêt sont connectés à un dispositif de freinage hydraulique permettant d’atténuer la violence du choc au moment où la crosse agrippe le brin.


Durant le circuit d’appontage, le bateau se déplace dans un sens identique à celui de l’avion, de façon que la direction du vent soit dans l’axe de la piste oblique. Ceci permet à l’avion en approche d’avoir la plus faible vitesse relative par rapport au navire et atténue les efforts sur l’avion et les brins d’arrêt.


Les étapes du circuit suivi par le pilote afin d'apponter en toute sécurité. (Photo Marine nationale, CESM)

Les patrouilles d’avions arrivant dans l’espace aérien du navire prennent contact avec le centre de coordination des approches (situé à bord), afin de recevoir les dernières informations nécessaires à l’appontage, comme la météo, la route et la vitesse du porte-avions.

Approche sous surveillance

Pour se poser, l’avion suit un parcours bien défini appelé circuit d’appontage. Cette procédure permet d’optimiser le temps nécessaire à la récupération des appareils et de minimiser le temps durant lequel le porte-avions est vulnérable parce qu’il est bloqué à un cap et à une certaine vitesse.


Étape 1. Le pilote passe au-dessus du porte-avions à une vitesse avoisinant 280 nœuds, soit 518 km/h.

Étape 2. Quelques secondes après, il effectue un virage à 180°.

Étape 3. L’avion est alors en vent arrière.

Étape 4. Le pilote entame son dernier virage, avec pour objectif de se positionner dans l’axe de la piste du navire tout en accentuant sa descente.


Afin de guider le pilote lors de la phase finale du circuit, un officier d’appontage est sur le pont. Lui-même est un pilote de l’aéronautique navale expérimenté et a suivi une formation particulière. Par radio, il annonce au pilote en vol les modifications à effectuer pour réussir sa manœuvre.


Officiers d'appontage guidant le pilote lors de sa manœuvre. (Photo Marine nationale)

Au bord de la piste se trouve également un panneau lumineux, appelé miroir d’appontage, qui sert à guider le pilote et à lui indiquer sa position par rapport au plan à tenir. Chaque lumière de ce panneau a une signification précise.


Parfait contrôle de l'incidence, de la pente et de l'alignement

Les pilotes doivent contrôler parfaitement trois données : l’incidence (qui est l’angle formé entre l’axe longitudinal de l’avion et la trajectoire de l’avion), la pente (qui correspond à l’angle entre l’axe horizontal et la trajectoire de l’avion, et qui est contrôlée avec le miroir d’appontage) et enfin l’alignement par rapport à l’axe de la piste.


Si, lors de la phase finale du circuit, lorsque l’avion est dans l’axe de la piste (groove), ces 3 paramètres ne sont pas satisfaisants, l’officier d’appontage est en mesure d’imposer au pilote de recommencer le circuit afin que l’appontage se passe dans de meilleures circonstances.


Lorsque l’avion de chasse pose son train sur le pont, le pilote remet obligatoirement plein gaz dans l’éventualité où il n’aurait accroché aucun brin d’arrêt.


Après s’être posé, le pilote doit rapidement dégager la piste afin de permettre aux autres avions de la patrouille d’apponter.

L’appontage reste encore aujourd’hui une manœuvre extrêmement délicate qui n’est réalisable que par des marins du ciel expérimentés.

L’appontage est un défi pour toutes les forces navales du monde et symbolise la puissance d’une armée. Des développements technologiques (telle l’invention française du dispositif d’aide à le DALAS) sont régulièrement adoptés pour faciliter la manœuvre au pilote afin que sa mission se déroule dans les meilleures conditions.


Pour en savoir plus

« L’appontage de A à Z », Marine nationale, 10 juin 2021 (vidéo). Vivez une mission complète à bord du Charles de Gaulle, de l'envol au débriefing.


« Appontage. Poser un avion de chasse sur le porte-avions Charles de Gaulle », Até CHUET, 28 juin 2020 (vidéo). Un ancien pilote de l'aéronautique navale analyse l'intégralité d'une manœuvre d'appontage de jour, en Super-Étendard, sur le porte-avions Charles de Gaulle.


« Entre ciel et mer. Histoire et technique de l'appontage », Brèves marines, Marine nationale et CESM, n°237, octobre 2020 (article).




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