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Thérèse Pasquet : Pilote et pionnière

L’aviation compte de nombreux pionniers mais aussi des pionnières ayant marqué son histoire.Parmi elles, Thérèse Feuvrier, épouse Pasquet, professeure de mathématiques à la retraite, ayant participé au tour de France aérien de juillet 1971, qui nous fait l’honneur de répondre à quelques-unes de mes questions.


Thérèse Feuvrier ici à la droite de la photo


À l’époque, Térèse Feuvrier n’était encore qu’une simple étudiante. Seulement, pour participer à un tel événement, il fallait savoir piloter et les heures de vols étaient onéreuses. Nous lui avons donc demandé quel était son parcourt ? Comment a-t-elle pu financer ses premières heures ?


« J’ai fait des études, j'ai mon bac maths élém (ancien bac dit à matières scientifiques) et après j'ai fait des études à la fac de maths. C'est comme ça que je suis devenue professeure de mathématiques. En 2e année, j'ai passé un concours à l'époque au sein de l’IPES, on était donc élèves-professeurs et on était payé pendant nos études ce qui m'a permis de réunir suffisamment de moyens pour prendre des leçons de pilotage sans quoi je n’aurais jamais pu me le permettre. » nous répond-elle.


Ainsi commence l’aventure de Thérèse. Elle nous raconte qu’après être allée sur le terrain d’un aéroclub redonnais, un aviateur lui a proposé de faire son baptême de l’air et c’est comme ça qu’elle a eu le déclic, qu’elle a eu envie d’apprendre à piloter…


« Je passais sur le terrain tous les jours pendant les vacances et j'ai passé mes deux brevets de pilote en deux mois ce qui était assez rapide parce que cela peut prendre jusqu’à plusieurs années mais voilà... j'ai mis deux mois pour avoir mes mon brevet complet : premier mois le premier le brevet d'état et le deuxième mois le brevet de pilote privé. L'année d'après, on m'a demandé de participer au Tour de France aérien des jeunes pilotes. »


Elle nous raconte même une petite anecdote. Lorsque qu’elle a pris des cours pour le brevet complet, avec son instructeur, elle faisait des essais de panne mais, au moment de remettre les gaz, la commande de gaz a lâché et ils se sont posés dans le champ. 


« Heureusement, on a eu de la chance. Nous avons eu les honneurs du journal, un avion dans un champ c'était assez amusant et peu ordinaire. »

Ce Tour de France aérien des jeunes pilotes partait de justement de Vimory, à coté de Montargis, et était composé d’une cinquantaine d’hommes et de seulement 3 femmes tous âgés de 18 à 24 ans. Grace à l’obtention une bourse Thérèse n’a pas eu à payer ses heures de vols durant ce tour de France et était plutôt “chouchoutée”.

Affiche du 19eme tour de France aérien datant de 1971


« Par exemple, les garçons ont dormi dans des collèges, des lycées puis nous, quelquefois, on dormait chez l'habitant, ça dépendait. À Marseille on avait dormi dans les logements des pilotes, je me rappelle aussi à Granville, c'était très sympathique »


Mais, avant tout cela il fallait bien évidement préparer une épreuve : celle de la navigation. Car, bien que cet évènement était une course, il fallait préparer le trajet à l’avance : « À l’époque, dans les petits avions on n’avait pas de GPS, il fallait faire la navigation avec les cartes c'est à dire que c'était le VFR (Visual Flight Rules1). On traçait notre ligne sur la carte en ligne droite et il fallait repérer s'il y avait une ligne de chemin de fer ou une route pour savoir où on allait. Maintenant ils ont des appareils pour ça. Puis, c’était beaucoup plus rustique, moi j'ai appris à piloter sur un Jodel 112 c'est à dire c'est un petit avion dans lequel on a l'altitude, la vitesse et la bille. »


Tout cet apprentissage a payé puisque Thérèse est arrivée à Paris en première position dans sa catégorie et devant beaucoup d’hommes avec, en guise de prix, un dîner à la tour Eiffel.


Après cette course, Thérèse aurait bien aimé exercer le métier de pilote mais, à l’époque, les femmes n’étaient pas admises dans les écoles de pilotage.

« Je me rappelle que quelques années après, j'avais lu un livre écrit par la première femme ayant obtenu le droit de piloter un avion de ligne » .


Aujourd’hui, Thérèse n’est plus dans le domaine de l’aéronautique car son mariage, sa grossesse et le coût des heures de vol l’en ont empêché.


« J’en ai refait un petit peu de temps en temps avec des amis qui étaient pilotes. Ils m'emmenaient mais disons que non, je n'ai plus continué, j'ai coupé les ponts. Cependant, j'ai donné le virus à ma fille puisqu'elle a toujours voulu travailler dans les avions, elle a commencé par faire son BIA quand elle était au lycée puis après elle a travaillé chez Air France.»

De plus, si la chance de recommencer le tour de France aérien lui était donné, elle n’hésiterait pas une seule seconde tellement cet évènement était extraordinaire.


Enfin, malgré tous ces accomplissements, Thérèse nous répond modestement qu’elle ne se considère pas comme une pionnière de l’aviation : « Je ne dirais pas une visionnaire de l'aviation mais c'est vrai que pour mon époque déjà j'ai fait obtenu le bac après j'ai fait des études de maths et on était déjà très peu de filles aussi puis quand j'ai fait les brevets de pilote, on était également peu mais de la dire que je suis une pionnière, non je n'étais pas comme certaines »

1. Règles de vol à vue



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