Peut-on accidentellement apporter la vie sur la Lune ?

L’Agence Spatiale Européenne prévoit une station permanente sur la Lune ouverte aux différents pays du monde, à l’horizon 2030. Nous allons donc, dans un futur proche, exploiter la lune avec des modèles que l’on a déjà utilisés sur Terre. Mais qu’allons nous engendrer sans le vouloir ? Réchauffement climatique, déforestation, épidémies, extinction de masse des animaux, épuisement des ressources, déchets radioactifs… l’activité humaine a une incidence significative sur l’écosystème terrestre ; c’est ce que l’on nomme l'Anthropocène. Le risque d’apporter la vie sur la Lune a-t-il été mesuré ?



Vue d'artiste d'une base lunaire (NASA)

Même dans des milieux confinés comme les fusées spatiales, les micro-organismes restent dynamiques et éventuellement pathogènes.

Et ce, même en l'absence de gravité. Par exemple dans l'ISS (Station spatiale internationale), l'équipage dissémine involontairement plusieurs milliards de bactéries et germes, dont certains peuvent représenter un danger. En effet, même dans les conditions les plus restrictives à la vie, il a été prouvé que les micro-organismes restent dynamiques et présentent une résistance tenace aux conditions environnementales. Il est d’ailleurs très facile de créer un microbiote : laissez fermenter de la farine et de l’eau et tout un écosystème se développera. De plus, nous savons que des organismes dits "extrêmophiles" (capables par exemple de demeurer en vie même dans l'espace extra-atmosphérique) ont survécu aux réacteurs nucléaires de l'ISS.


Vivre confinés dans une station sur la Lune, c’est donc forcément répandre la vie puisque nous interagissons constamment avec notre environnement.

A l’échelle macroscopique, on pourrait comparer cela avec la propagation de la peste au Moyen-Âge dans tout l’occident par le biais des rats présents dans les bateaux. Effectivement, notre présence modifiera forcément l’endroit où nous allons aller, même si à l'heure actuelle, les agences spatiales obéissent à une "convention de protection", stipulant de ne pas infecter l'espace avec nos germes.


Si les Américains ont laissé leurs empreintes sur la Lune, ils laisseront également 180 tonnes de détritus divers derrière eux, dont les six étages du vaisseau spatial Apollo. Des déchets scientifiques certes, mais des détritus organiques ont également été abandonnés, dont une centaine de sacs d'excrétions humaines, d’urine et même de vomi. Et ce, seulement pour un séjour qui aura duré 21 heures ! Il est alors évident que notre retour sur notre satellite naturel ne sera pas des plus écologiques. D’ailleurs, nos selles contenant des milliards de bactéries, il se peut que certaines aient survécu aux conditions inhospitalières de la Lune.


L’homme peut facilement perdre le contrôle des choses.

Il serait alors plus sage d’attendre encore quelques décennies que notre science s’améliore sur notre voisine, mais aussi que notre technologie nous permette de causer le moins de dégâts possible. Côté pollution, les activités sur la Lune, comme les mines d’extraction de rhyolite, vont forcément générer de la chaleur, des mouvements et des trous (modification de la Lune). On a ainsi fait beaucoup d’erreurs sur notre planète ; que risque-t-on en outre d’endommager sur la Lune ? Ne serait-il pas mieux de laisser notre satellite tel quel ? C'est d'ailleurs grâce à la Lune qu'existent les saisons, l'effet de marée, le maintien du champ magnétique terrestre et elle influence même le cycle de vie de nombreux animaux. Protégeons la Lune !


Estebàn NOËL


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