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La visite prévol : une phase essentielle pour la sécurité aérienne

La visite prévol fait partie des nombreuses vérifications qu’un pilote doit réaliser avant son vol. Cette mesure de sécurité vise à effectuer, avant chaque vol, un examen visuel de l’aéronef, où le pilote se déplace à pied autour de celui-ci pour l’inspecter.


Cette inspection avant vol est une mesure de sécurité majeure qui fait du transport aérien le moyen de transport le plus sûr du monde. En effet, il est impératif de détecter les pannes au sol avant qu’elles ne se produisent en plein vol.

La visite avant vol est obligatoire pour tous types d’aéronefs, qu’il s’agisse d’un Rafale de l’Armée de l’air, d’un Airbus gros porteur ou d’un Robin DR400 d’aéroclub. Les items à vérifier pour chaque avion sont indiqués dans le manuel de vol, généralement dans la section intitulée « procédures normales ».



Ci-dessous, un extrait du manuel de vol d’un Robin DR400 indiquant les éléments à contrôler lors de la visite prévol.


Figure 1 Visite prévol d'un Robin DR400

Réalisation de la visite prévol


La préparation du cockpit :

La visite prévol se décompose en deux parties. La première partie se déroulera à l’intérieur du cockpit. Le pilote, avant même de mettre l’avion sous tension et d’allumer les batteries, va vérifier que tous les boutons, leviers, et interrupteurs qui composent le cockpit soient dans la bonne position.


En effet, prenons comme exemple la commande des volets d’un avion qui seraient placés sur « sorti », lorsque le pilote va actionner le contact batterie, les volets vont sortir ce qui risque de mettre en dangers les équipes au sol. Cette vérification est importante car des actions de maintenance sur l’appareil peuvent produire, par inadvertance, un changement de position des interrupteurs. Cela fut le cas lors du crash du vol Helios Airways 522 : le bouton gérant la pressurisation de l’avion avait été placé sur « manuel » au lieu de « automatique » ce qui a conduit à l’absence de pressurisation dans l’avion et donc à la perte de connaissance de toutes les personnes à bord, y compris les pilotes, ce qui a finalement, malheureusement, provoqué le crash de l’avion.


Une fois que l’inspection du cockpit a été réalisée, l’avion peut être mis sous tension. Les pilotes vont alors pouvoir vérifier et tester tous les systèmes embarqués qui ne nécessitent pas la mise en route des moteurs. Des équipements comme le TCAS (Trafic Colision Avoidance System), les différentes alarmes de décrochage vont notamment être testés. La quantité de carburant présent dans l’avion va également être vérifiée et comparée avec les données du carnet de route de l’avion.


Une fois la mise en place du cockpit terminée, la visite prévol extérieure peut avoir lieu.




La visite extérieure :

Comme nous l’avons déjà dit, le principe de l’inspection avant vol est de faire le tour de l’aéronef à pied et de vérifier visuellement l’intégrité de l’aéronef. On vérifie par exemple le bon état des ailes ainsi que leur condition ; par exemple, la présence de givre sur les ailes est très dangereux pour l’avion car la couche de glace dégrade fortement la portance. La visite prévol permet de le détecter

Le fuselage de l’avion va aussi être inspecté visuellement pour déceler si au cours du vol précédent l’avion a subi une collision aviaire. Le pilote pourra alors estimer s’il faut faire réparer l’avion ou non.


Le train d’atterrissage demande une attention particulière. En effet ce dernier est généralement composé d’un amortisseur, d’un système de freins ainsi que des pneumatiques. Afin de vérifier le bon état de tous ces composants, le pilote peut effectuer quelques tests simples lors de sa visite. Par exemple, pour vérifier l’état des freins il y a une tige en métal qui rétrécit en fonction de l’usure des plaquettes de freins. Si cette tige est inexistante, cela veut dire qu’il faut changer les plaquettes. Le pilote peut également vérifier que l’amortisseur est dans sa position nominale et que ce dernier peut bouger librement. Enfin, le pilote peut vérifier le témoin d’usure des pneumatiques.


Figure 2 Indicateur d'usure des freins https://www.boldmethod.com/blog/expressjet/first-flight-of-the-day/ )

Lors du premier vol journalier de l’appareil, les réservoirs de l’avion vont être purgés pour s’assurer qu’il n’y a pas de présence d’eau dans le carburant. En effet il y a des risques que la vapeur d’eau contenue dans l’air des réservoirs se condense. Cette eau condensée va se déposer au fond du réservoir car l’eau est plus dense que le carburant utilisé pour les avions. Si on détecte la présence d’eau dans les réservoirs, ces derniers doivent êtres purgés et nettoyés pour enlever toute trace d’eau. Le risque d’avoir de l’eau dans les réservoirs est que les moteurs s’arrêtent en plein vol.


Un autre élément important sont les sondes. Toutes les sondes nécessaires au fonctionnement des instruments de bord de l’avion vont être inspectées. Ces sondes sont les tubes Pitot qui communiquent des informations sur la vitesse et les prises statiques qui donnent l’information de l’altitude de l’avion. En effet, ces sondes forment des cavités dans lesquelles des insectes pourraient faire leurs nids. Cela va donc boucher les sondes et rendre les informations de ces dernières incorrectes. C’est d’ailleurs pour cela qu’il existe des caches Pitot ou des protections pour boucher temporairement les sondes lorsque l’avion est stationné au sol. Ces protections sont souvent accompagnées de « flammes », les célèbres rubans de couleur rouge portant comme inscription « Remove before flight ». Le but des flammes est d’attirer l’attention du pilote pour qu’il n’oublie pas de retirer les protections avant le vol.


Les surfaces de contrôle de vol vont également être inspectées ainsi que les volets et bec de bord d’attaque pour s’assurer de leur bon état de fonctionnement. Les différents phares de l’avion seront également testés.


Les moteurs de l’avion vont aussi être passés en revue. Le pilote va regarder s’il n’y a pas de traces d’huile ou de carburant sous le moteur. Il va aussi vérifier que les pales du moteur tournent bien librement (dans le cas d’un moteur à réaction) et que la quantité d’huile présente dans le moteur est bien suffisante pour le vol envisagé.




Conclusion


En résumé, la visite prévol est un contrôle à effectuer avant chaque vol. Il s’agit d’une courte inspection visuelle de l’avion qui dure généralement dix minutes pour un avion de ligne. La durée de la visite prévol peut varier en fonction des types d’avion et de leur taille. Cette inspection est très bénéfique car elle permet d’identifier les problèmes avant même d’entreprendre un vol. En effet, la visite prévol a permis d’éviter de nombreux accidents ou incidents. Cette inspection fait partie des nombreux éléments de sécurité qui font que l’aviation est le moyen de transport le plus sûr du monde.

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2 Comments


Merci énormément d'avoir écrit ce blog. Moi qui à peur de l'avion et qui se demandait justement si les avions etait bien inspecter avant chaques vol ca me rassure un peu. Je présume que les vérifications sont plus accrues en hiver également. Votre texte est vraiment bien bien écrit et bien vulgarisé pour nous... simple passager. C'est ironique de dire qu'il s'agit du moyen de transport le plus sur au monde en sachant que nous voyageons a 34000 pieds du sol dans un énorme cylindre de Métal. Mon cerveau a du mal a concevoir que ce gros mastodonte d'aluminium puisse voler. Je ne m'y ferais jamais

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Voler n'est pas inné pour l'être humain mais grâce aux fantastiques travaux des ingénieurs le transport aérien est devenu ordinaire. Les procédures comme celle-ci veille à toujours garder un niveau de sécurité très élevé !

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