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Les « avions poubelle », entre recherche de bénéfices et (ir)responsabilité des voyageurs



Commençons par une anecdote. « Pour partir en vacances avec ses enfants Jean avait choisi un tour-opérateur organisant l’ensemble de son épopée. Alors qu’il venait de rentrer dans l’avion censé l’amener vers une destination de rêve, il entendit, tout comme l’ensemble des passagers, un bruit sourd et répété. Inquiet, Jean demanda au personnel navigant si ce bruit était bien normal. Ceux-ci lui assuraient qu’il n’y avait aucun risque et qu’il pouvait regagner sa place en toute sécurité. Non convaincu par les explications du personnel, Jean prit ses enfants et descendit de l’avion pour faire changer ses billets. C’est alors que, depuis le terminal ou il attendait le prochain vol, il vit l’avion se préparer au décollage. Alors que celui-ci prenait de la vitesse, son moteur gauche explosa et se transforma en une traînée lumineuse. Jean, médusé devant ce spectacle, demanda des comptes à la compagnie. Il venait de faire les frais de ce que l’on appelle plus communément un avion poubelle. »


Tout d’abord, intéressons nous au concept d’avion poubelle. Cette appellation, communément utilisée par les inspecteurs de la DGAC, la direction de l’aviation civile, sert à désigner un appareil qui ne respecte pas une série d’exigences en ce qui concerne la sécurité, mais aussi en matière d’entretien. Par conséquent, ce dernier représente un danger majeur pour les utilisateurs, ainsi que pour les personnes au sol.

Logo DGAC source site officiel : https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-laviation-civile-dgac Certaines compagnies aériennes, moins soucieuses de leurs appareils que des bénéfices que ceux-ci pourraient leur rapporter, sont prêtes à négliger l’entretien de leurs avions, voire même à les laisser décoller alors qu’ils comportent des défauts majeurs. En effet, un avion immobilisé coûte très cher aux compagnies aériennes, et encore plus aux compagnies ayant peu de moyens, ou perdant déjà de l’argent.


Pour lutter contre ce fléau, des inspecteurs de la DGAC, au nombre de cinq en France, contrôlent aléatoirement certains appareils. L’inspection de l’avion a souvent lieu avant son décollage. Cette dernière prend en moyenne 45 minutes et repose sur des points cruciaux comme l’intégrité des réacteurs, du fuselage, des pneumatiques, et, bien entendu, des licences et des autorisations de vol. Si le contrôle révèle des dysfonctionnements, et que l’inspection ne répond pas à toutes les exigences, alors l’avion restera cloué au sol jusqu’à sa réparation et sa mise en conformité. Parfois, les avions peuvent rester au sol durant plusieurs mois.




Image: https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2021-11-22/pourquoi-le-kenya-vend-il-aux-encheres-73-avions-a-des-prix-tres-bas-3456cb43-f126-4e1c-9caa-eec8b8a4e40 Force est de constater que les avions poubelles sont plus souvent exploités par des compagnies charter. Qu’est-ce qu’une compagnie charter ? Il existe plusieurs milliers de compagnies aériennes dans le monde. Parmi elles, certaines sont des compagnies nationales, comme Air France, et assurent des vols réguliers vers de nombreuses destinations. Les compagnies charter, quant à elles, sont spécialisées dans des vols qui répondent à la demande ponctuelle de la clientèle pour une destination donnée et à un temps donné. Bien souvent, ce sont des tour-opérateurs qui, en organisant un voyage, louent un vol charter. Ces vols sont souvent à bas coût, sans prestation majeure à bord. Ces compagnies cherchent bien souvent à remplir leurs avions avant tout. Les avions comportent le plus de sièges possibles pour vendre un maximum de billets. Les compagnies charter ont souvent peu d’avions qui, pour la plupart, ont une moyenne d’âge avancée. Le rythme de travail est soutenu tant pour le personnel navigant que pour les aéronefs.



Image: https://www.youtube.com/watch?v=cNjliU83scc



Face à l’augmentations de la demande, tous les étés les compagnies charters augmentent le nombre de vols pour assurer un maximum de rentabilité. C’est alors que les inspecteurs de la DGAC remarquent une augmentation majeure des avions poubelles.


A savoir qu’il existe une liste noire des compagnies aériennes interdites en Europe et donc en France, il est essentiel de ne pas confondre cette liste avec les compagnies charters ou même les compagnies qui exploitent des avions poubelles. Néanmoins certaines compagnies ayant étaient signalé par la DGAC pour des problèmes d’entretiens ont pu être ajouté à cette liste noire.


Aujourd’hui, 117 compagnies sont interdites de vol car elles ne respectent pas les normes de sécurité internationales, mais en réalité plus de 350 compagnies seraient concernées.

Lien renvoyant à la liste des compagnies aériennes interdites en Europe, actualisée au 11 avril 2022:


https://transport.ec.europa.eu/document/download/3195fabb-7575-4db9-85b9-ec5a77b481aa_fr ?filename=air-safety-list-2022-05-31_fr.pdf



Si les agents de la DGAC mènent au mieux leurs investigations pour éviter toute catastrophe face à la recrudescence de ce phénomène, il est néanmoins nécessaire et primordial pour chaque voyageur de choisir de façon responsable la compagnie avec laquelle il va effectuer son vol.


Guillaume CALAS



BIBLIOGRAPHIE :


Reportage Express. (2018, 2 décembre). Avions Poubelles - Reportage choc [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=cNjliU83scc


Le Point.fr. (2010, août 1). Attention aux avions poubelles. Le Point. https://www.lepoint.fr/societe/attention-aux-avions-poubelles-31-07-2010-1220926_23.php


Jalabert, P. (2005, août 29). Attention, avions poubelles. ladepeche.fr. https://www.ladepeche.fr/article/2005/08/29/268225-attention-avions-poubelles.html


La liste noire des compagnies aériennes interdites en Europe. (s. d.). https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15627

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1 commentaire


Léa Saki
Léa Saki
10 janv. 2023

Un article très bien rédigé, qui nous apprend beaucoup sur ce phénomène en recrudescence méritant d’être surveillé !

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