Un doctorat, mais pour quoi faire ?

     Le doctorat est le grade universitaire le plus élevé, obtenu après soutenance d’une thèse, généralement d’Etat.

C’est un diplôme au nom très reconnu mais la majorité des gens ne savent pas quels sont les débouchés et les utilités d’un tel degré d’études, obtenu après au moins 8 ans d’études à la sortie du baccalauréat.

    On se fait souvent l’idée du doctorat comme étant un stade infranchissable, réservé à l’élite dans tel ou tel domaine. Mais est-ce vraiment le cas ?

Pour répondre à cette question nous avons interrogé un docteur en mathématiques et enseignant dans cette même matière à l’Institut Polytechnique des Sciences Avancées (IPSA), M. Fabien MONFREDA.


Pour connaître l’utilité de ce diplôme, il s’agit d’abord de s'intéresser aux destinataires de cette formation et aux différentes façons de la rejoindre.


     Afin d’intégrer un doctorat dans une matière spécifique il faut bien évidemment aimer réellement celle-ci. Pour M. MONFREDA, faire des maths “c’est comme une deuxième langue” et quelque chose qui lui semble naturel depuis toujours. La curiosité est également très importante, la volonté de vouloir en apprendre davantage sur son domaine et d’en connaître tous les aspects est essentielle.


     L’admission à ce cursus se fait durant le Master 2. Il faut dans un premier temps trouver un financement pour le doctorat. Pour cela, il faut passer un concours sous forme d’oral, à la suite d’un stage, durant la cinquième année. Seul un nombre réduit de participants parvient à obtenir ce financement tant espéré provenant de l’Etat. M.MONFREDA ayant échoué à ce concours, il a dû trouver un autre moyen de se financer et a reçu un financement ANR (Agence Nationale de la Recherche) provenant du fonds d’un projet de recherche.


     À la suite de ce concours, et si le financement est obtenu bien évidemment, l’étudiant s’éveille doctorant. Son passe-temps devient la lecture de revues scientifiques et la démonstration de formules. “Vous devez désormais travailler sur quelque chose qui n’a jamais été étudié avant”. Il faut donc dans un premier temps se lancer dans une phase de recherche et d’apprentissage de tout ce qui a déjà était fait pour ne pas se jeter corps et âme dans un projet sur lequel quelqu'un s’est déjà penché. De plus, le doctorant donne également quelques cours en parallèle à l’université pour s’initier à l’enseignement.


     Pour organiser ses années de thèse, notre professeur de maths a préféré se concentrer sur la lecture de revues et la démonstration de formules pendant les 2 premières années, puis sur la rédaction de sa thèse dans la 3éme et dernière année composant le doctorat.

Ce dernier est un diplôme pouvant apporter beaucoup de choses, notamment de la logique dans la pensée, mais également la fierté d’obtenir un grade si prestigieux. Il permet assurément de trouver plus facilement du travail par la suite. En effet, avoir un doctorat est signe d’expertise dans un domaine, ce qui est très recherché. M.MONFREDA lui trouve malgré tout quelques inconvénients. D’après lui, un des mauvais côtés du doctorat est la

solitude dans le travail. Le doctorant passe la majeure partie de son temps seul, à lire et écrire des formules, ce qui peut plaire à certains mais notre docteur avait besoin de plus de contact. Il ressentait également parfois un sentiment d’inutilité, l’impression que tout son travail se faisait en vain, et ce principalement quand il ne trouvait rien d’intéressant à étudier et manquait d’idées.


   A la suite du doctorat plusieurs options s’offrent au désormais docteur. Il peut continuer dans la recherche en devenant chercheur, mais il y a très peu de places. Cependant M. MONFREDA ne souhaitait pas continuer dans ce domaine. Enseigner lui plaisait bien plus, il s’est donc dirigé vers le métier d’enseignant qui l’a mené aujourd’hui à l’IPSA, en tant que professeur de mathématiques. Quand on lui demande s’il conseillerait à un étudiant d’entreprendre un doctorat, il préfère être franc et dire qu’il y a très peu de postes. Il ajoute que c’est un métier très théorique et que si l’on veut faire un autre métier que chercheur, le doctorant manque de praticité et n’est pas complètement opérationnel. Cela rend la recherche d’emploi plus difficile. Il termine l’interview en disant qu’il ne regrette en aucun cas le fait d’être professeur malgré son doctorat, que c’est une chance de faire le métier qui le passionne.



Bibliographie et articles relatifs au sujet qui peuvent vous intéresser :

-Thèse de M.MONFREDA. <http://thesesups.ups-tlse.fr/2212/>

-"Définition de doctorat", CNRL. <http://www.cnrtl.fr/definition/doctorat>

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